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Le W-Log

Le W-Log

April 4, 2006

Retour sur le net

Filed under: L'Auberge Espagnole — William @ 10:29 am

J’ai décroché du net. Ok… Pas complètement non plus mais pour la première fois depuis 1995, j’ai - volontairement - refusé de surfer.
Et vous savez quoi, on s’en passe très bien. Bien sûr, le courrier électronique reste le lien essentiel. Bien mieux et plus pratique que le téléphone. Mais même là, ma “production” a connu un coup de mou.
Alors quoi de neuf ? Des tas de trucs à faire. D’abord, bien sur, tenter de répondre aux courriels accumulés. Revenir sur le forum aussi où je ne compte plus les messages de retard. ( Et oui, décrocher du net à un prix à payer et là, je n’ai pas encore terminé d’évaluer l’addition).
Vous racontez deux ou trois choses. Il y a eu le Québec. Froid, très froid mais très bien. Le Japon aussi. En fait, le Japon est venu à Dallas. Le 26 mars dernier, une chaine japonaise diffusait un nouveau documentaire de … 2 heures sur JFK. Grande place pour le Dernier témoin…
Le Japon encore a diffusé l’Affaire Dominici de Pierre Boutron. La NHK va même commercialiser le Dvd. Fou non ?

Côté promo, forcément cela se calme. Mais ce matin encore, très bon moment au téléphone avec Gilles Goetghebuer de Sport& Vie. Je lui ai dit combien je trouve le paradoxe amusant. Il a fallu attendre une interwiew pour un magazine de sport afin d’avoir des questions profondes sur Coca-Cola.

Tiens, après 10 semaines, Coca-Cola, l’enquête interdite figure toujours dans le Top 50. Merci à vous. Dans un monde où l’espérance de vie d’un livre ne dépasse plus 3 semaines, c’est une performance.

En parlant de performance, le livre va être traduit. Douze pays normalement.

En attendant, il va falloir que je commence à écrire le prochain.

February 17, 2006

Coca-Cola et les nazis, un devoir de mémoire

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 12:46 pm

Coca-Cola n’a jamais céssé ses activités dans l’Europe occupée par les troupes d’Hitler.
Bon, d’accord, soit, ce n’est pas bien et alors ?
Après tout, Coca-Cola n’est qu’une boisson, pas un fabricant de bombes ou un fournisseur de produits chimiques.
Tout cela est vrai mais ne devrait pas exempter pour autant la Compagnie de son devoir de mémoire.

D’autres, comme le raconte Le Monde dans son édition de ce soir, viennent de le faire :

La Dresdner Bank, qui était surnommée la “banque des SS”, regarde finalement son passé en face.
Le résultat de sept ans de recherches menées, à sa demande, par un groupe d’historiens indépendants paraît vendredi 17 février sous forme d’un énorme ouvrage de 2 374 pages, Die Dresdner Bank im Dritten Reich (La Dresdner Bank sous le IIIe Reich), édité par Oldenbourg Wissenschaftsverlag.
Il a fallu attendre 1997 et la polémique autour des banques suisses pour que la Dresdner Bank demande une telle recherche et ouvre ses archives.
L’enquête “a été possible seulement quand son directoire a reconnu que l’indifférence (…) causait plus de dommages économiques et moraux qu’elle n’était utile”, indique Klaus-Dietmar Henke, professeur à l’université de Dresde, qui a dirigé l’étude. Ses recherches montrent comment la Dresdner Bank, alors deuxième banque allemande, a contracté volontairement “des relations personnelles et commerciales particulièrement étroites avec le régime national-socialiste

” L’indifférence causait plus de dommages économiques et moraux qu’elle n’était utile”.
La phrase est presque trop belle, presque trop juste pour sortir d’un directoire d’une banque. Et elle s’applique parfaitement au cas Coca-Cola qui a décidé de non seulement ignorer son passé mais de le travestir.

L’épisode Fanta, effort délibéré de la Compagnie afin de survivre en Europe, est ainsi présenté comme un acte isolé du patron de Coca-Cola GmbH.
Comme l’est le recours à des travailleurs forcés afin de continuer, sous les bombes alliées, à rafraichir l’Allemagne.

L’indifférence est souvent cousine de l’arrogance. En adoptant cette attitude face à son passé, la situation en Inde ou les accusations de meurtres en Colombie, Coca-Cola s’impose plus de dégats moraux et économiques que ce qu’il est utile.

February 16, 2006

Lire, c’est résister !

Filed under: Opinions — William @ 5:18 pm

“Les livres ont tendance à “tourner” de plus en plus vite sur les rayons des libraires, chassés par un nouvel arrivage. La profusion provoque la banalisation des oeuvres. Elle pénalise celles qui sont les plus exigeantes, les plus difficiles à repérer par le public. Le bouche à oreille n’a pas le temps de s’installer”
Le Monde, 17 février 2006

Chers Amis, chers lecteurs, chers confrères,

En 1997, avec la publication de mon adresse électronique dans Dominici non coupable, j’entamai un dialogue avec vous.
Depuis, de forums en blog, de JFK à Bush, il n’a jamais cessé.
Et, tout au long de ces années, je me suis toujours refusé à utiliser ce lien nous unissant afin de vous demander d’acquérir un de mes livres.

En 2006, avec la publication de Coca-Cola, l’enquête interdite, j’ai décidé, pour la première fois, de m’adresser à vous afin de recevoir votre soutien.

Une démarche que j’entreprends d’autant plus volontiers que le livre est déjà un succès. Ainsi, vous comprendrez plus facilement que ma décision n’est pas mercantile.

Si, aujourd’hui, j’ai décidé de vous écrire, c’est parce que, jour après jour, comme Denis Robert, Bernard Violet ou John-Paul Lepers, j’ai le sentiment d’appartenir à une espèce en voie de disparition.
Le journalisme d’investigation indépendant se meurt et pour survivre a besoin de vous.

Le livre est le dernier grand bastion où l’enquête peut s’exprimer sur la longueur, avec courage et sans censure.
Mais, ignorée par les grands médias, poursuivie devant les tribunaux, étouffée par la masse d’ouvrages publiés et submergée par le tout-people, l’enquête est moribonde.

Ainsi, la vie de nos ouvrages sur les rayonnages de vos librairies est de plus en plus courte, dévorée chaque jour par les arrivées des confessions de la concierge du premier ministre et de la maîtresse cachée du cousin d’un footballeur célèbre.

Et les même maux envahissent vos écrans de télévision, vos émissions de radio et les pages de vos journaux. Résultat, l’espace réservé à un travail souvent long de plusieurs années se résume à pas grand chose.

Acheter nos livres, en parler, les défendre est donc devenu un acte citoyen, un acte de résistance.

Les ignorer, attendre une éventuelle édition de poche, condamne à terme le genre.
Les éditeurs continueront à nous faire confiance et à prendre des risques si, financièrement, ils trouvent des raisons de le faire.
Les libraires continueront à nous offrir un coin de table voire un bout de vitrine si, financièrement, ils trouvent des raisons de le faire.

Et puis, et là, je reviens directement à Coca-Cola, l’enquête interdite, votre soutien est nécessaire parce qu’il en retourne des fondements même de notre travail : la recherche de la vérité.
Et de fait son corollaire : les méthodes employées pour lui empêcher d’exister.

Comme vous le savez maintenant, mon livre éclaire une des pages les plus sombres de l’histoire de Coca-Cola. Un passé, où au nom de son avenir et son succès, la boisson a décidé de continuer ses activités dans l’Europe occupée.
Ces révélations imposent à la Compagnie un devoir de mémoire que, pourtant, elle se refuse d’assumer.

Pire, et c’est un des raisons de ma démarche, Coca-Cola tente aujourd’hui de désamorcer la bombe.

Comment ? D’une manière relativement efficace et machiavélique. En effet, dans un communiqué de presse qui sera prochainement disponible ici, Coca-Cola France revient sur mon livre.

Refusant de répondre sur le fond, de se confronter aux documents et photographies que je publie, Coca-Cola joue la carte de l’insignifiance.
A en croire la Compagnie, mon livre serait “une compilation de documents existants et d’archives publiques”.
Mieux encore, il “s’ajoute à la série de sagas et romans historiques déjà publiés autour de Coca-Cola. Ce genre littéraire n’appelle pas de commentaires particuliers de notre part”.

Il ne faut pas être grand clerc pour décrypter le sens du message de la Compagnie : “passez votre chemin, tout cela est du déjà-vu, sans intérêt, peu sérieux”

Si heureusement ses tactiques déguisées de censure ont échappé à une partie de la presse, combien tomberont dans le piège ? Et combien de lecteurs potentiels passeront leur chemin, étonné du silence autour des révélations de Coca-Cola, l’enquête interdite ?

Depuis bientôt dix ans, pages après pages, je me bats contre ce genre de méthodes. Maintenant, c’est à votre tour de rentrer en résistance.

Le choix des armes est multiple et dépasse le simple achat.
Le premier est simple, immédiat, gratuit et efficace. Il vous suffit de faire suivre ce message à vos contacts. Ou bien encore, postez-le sur les blogs et forums que vous fréquentez

Le second est souvent notre seule alternative face à la déferlante médiatique : parlez de nos livres autour de vous.
A vos amis, vos proches, vos collègues de bureau…
Parlez en à la cantine, au restaurant ou autour d’un café…
Parlez en à la responsable des achats de votre bibliothèque municipale, du centre de documentation de votre établissement scolaire, de votre comité d’entreprise ou de votre syndicat…
Parlez en sur internet, parlez en dans le métro, parlez en sur les sites de ventes de livres où poster un commentaire positif est un geste rapide aux effets certains.

Soyez inventifs, soyez créatifs mais surtout refusez le silence !
Le bruit est porteur de vie et, croyez-moi, de Coca-Cola, l’enquête interdite au Madâme de John-Paul Lepers, le journalisme indépendant en a rudement besoin.

Si vous appréciez mon travail, si vous avez aimé le livre et si, tout simplement, vous soutenez la recherche de vérité, alors je sais que vous comprendrez mon appel.

En vous remerciant de votre fidélité et de votre soutien et en espérant vous lire bientôt,

William Reymond
www.williamreymond.com

February 14, 2006

Chez Fogiel

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 11:24 am

En vrac donc, je reviens sur mes deux semaines de promotion du livre.
Avec pour commencer, un petit retour sur mon face à face avec Marc-Olivier Fogiel.
Et tout de suite, il faut clarifier un malentendu. Fogiel n’est ni un ogre ni un roquet. Du moins, il ne le fut pas avec moi. Mes quinze minutes à sa table restent un très bon souvenir. Et pas seulement du fait de la présence d’Adriana Karembeu et de Sonia Roland. Même si, après coup, les premières questions de mes “amis” furent étrangement consacrées à la plastique des deux créatures sus-nommées.
Non, en fait, il y a d’autres raisons…
J’ai aimé Fogiel parce que ses questions étaient pertinentes. Rapides certes mais portant sur le coeur de mon travail.

J’ai aimé Fogiel par les remarques de Carlier étaient justes. Trop rares mais justes. Et puis j’ai aimé le clin d’oeil juste avant de m’assoir, histoire de me rassurer.

J’ai aimé Fogiel parce qu’il y avait Arlette Laguiller. Et que notre début de dialogue était prometteur. Bien trop court, bien trop rapide mais, j’ai aimé la voir rebondir sur le conflit ayant opposé Coca-Cola à une partie de la gauche et des viticultures en 1949 et 1950. Je l’attendais plus sur les aspects pervers de la mondialisation, façon altermondialiste et Arlette a choisie d’opter pour l’histoire. Elle est repartie avec le livre et la promesse de le lire. Et donc peut-être la possibilité de poursuivre autrement cette esquisse de dialogue.

J’ai aimé Fogiel car j’ai eu la surprise de découvrir un reportage sur mon livre. D’entendre Christian Blachas de Culture Pub et Pascal Galinier, un journaliste du quotidien Le Monde, auteur il y a quelques années d’un ouvrage sur la guerre Pepsi-Coke.

J’ai aimé Fogiel car ses journalistes ont fait un vrai boulot de journalistes en demandant à Coca-Cola de réagir à mon enquête. Et lorsque Coke s’est défilé, à l’aide d’un communiqué de presse en carton, Fogiel n’a pas hésité à le dire.

J’ai aimé Fogiel car en coulisses, l’ensemble de l’équipe était pro et sympa.

Et puis, bon, ok, j’ai aimé Fogiel parce qu’il y avait les deux créatures sus-nommées.

February 13, 2006

Un livre mal distribué est un livre qui meurt

Filed under: L'Auberge Espagnole, Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 4:28 pm

Oui… Un livre mal distribué est un livre qui meurt.
Certes, Coca-Cola, l’enquête interdite n’en est pas encore là. Mais, si rien ne se passe, elle en prend le chemin.
D’abord, à Paris, un constat dans les jours suivant la sortie.
Première étape chez Joseph Gibert, à deux pas de chez mon éditeur. Le livre n’est pas au deuxième étage avec les documents qui font l’actualité. Non, le livre est au troisième, rayon “droit, droit des affaires et gestion”. Avec quelques pensums réservés aux étudiants du genre.
Deuxième mauvaise surprise, le lendemain, à la Fnac. Le livre est au fond du magasin, derrière un pillier. Là encore, au rayon ” gestion et économie”.
Bien sûr, réaction immédiate auprès de mon éditeur et promesse de retour à la normale. Puis la perspective de l’émission de Fogiel est, selon Flammarion, la garantie que tout va s’arranger.
Retour à Dallas…
Et là, ces mails effarants de lecteurs :
” Pas de livre au Carrefour. Ils prennent que les livres classés et personne ne leur a signalé que tu étais rentré dans le top 10″
ou celui-ci :
“à la fnac (passage du Havre à Paris) tu es classé dans la partie LIVRE ECONOMIQUE donc avec tous les bouquins pour étudiants, livres de cours pour fac de droit etc….bref au fond du magazin alors que tous les autres livres dans le genre investigation sont classés à l’entrée du magazin, bien en vue de tout le monde”
ou bien encore :
“J’ai acheté le mien au Virgin du centre commercial Bercy 2 et… j’ai du le demander. Il était rangé dans un rayon et non pas sur les tables avec les parutions récentes.”

Voilà, cela devrait se passer de commentaire mais cela ne sera pas le cas. Pourquoi ? Parceque, justement un livre mal distribué est un livre qui meurt
Et que cela ne sera pas le cas. En tout cas, pas sans un combat.
Alors que faire ?
De mon côté, je me charge de mettre la pression chez Flammarion. Mais pour le reste, une fois n’est pas coutume, j’ai besoin de vous.
Il faudrait me raconter comment s’est déroulé votre achat. Si vous avez trouvé le livre facilement ou pas.
Pour les plus courageaux, il faudrait voir à la librairie la plus proche de chez vous, de votre travail, de votre resto… où est placé le livre ( quand je dis librairie, j’englobe les centres culturels du style Fnac ou Virgin, mais également les points livres dans vos hypermarchés).
Cela peut paraitre vain mais, croyez moi, votre collaboration est cruciale.
Je compte sur vous

William
william@williamreymond.com

Petite note pour les nouveaux

Filed under: L'Auberge Espagnole — William @ 11:35 am

Vous débarquez sur le blog après un passage par Google ou après avoir lu un de mes messages dans d’autres lieux et soudain une question vous hante : plutôt mort le blog.
Il faut dire que côté commentaire, c’est plutôt l’encéphalogramme plat.
Mais c’est ma faute, ma grande faute.
En effet, si certains découvrent le net depuis quelques mois, mon site est en ligne depuis de nombreuses années. Et avec, un forum de discussion. Un forum avec plus de 12 000 messages et presque 400 membres.
Et nous le savons tous, il est difficile de changer les habitudes. Aussi, au lieu de poster quelques commentaires ici, mes visiteurs préfèrent le faire sur le forum.
Moralité ? D’abord vous n’êtes pas obligé de vous confronter aux habitudes et donc libre à vous de poster ici.
Ensuite, il est vivement conseillé de faire un petit tour par le forum, voire de s’y inscrire.
Au delà des sujets relatifs à mes livres, on y parle de tout, de la politique aux médias en passant par l’histoire, la justice et le sport.
Et le plus souvent avec intelligence, culture et respect.
A très bientôt donc…

February 12, 2006

Le silence de l’AFP

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 7:49 pm

L’Agence France Presse est - pour l’instant - un moteur essentiel de l’information en France. La presse régionale, la presse gratuite, les radios, une partie de la presse nationale dépend des dépêches de l’agence. C’est dans cette optique que j’ai rédigé un petit communiqué de presse à l’occasion de la sortie du livre. Pas pour vendre ma soupe mais parce que je considère, à tort ou à raison, que le coeur de mon enquête mérite débat. Et qu’au delà, Coca-Cola, comme toute entreprise ayant profité de la guerre, à un devoir de mémoire.
Mais l’AFP n’en a pas jugé de même.
Du moins, je l’imagine car je n’ai jamais reçu aucune explication. Le silence est un aveu disait Euripide…
Quoiqu’il en soit, voici donc le fameux texte, pour, à votre tour, juger de son intérêt :

“Le 27 janvier, les Éditions Flammarion publient le nouveau livre de William Reymond, Coca-Cola, l’enquête interdite.
Pour la première fois, à l’aide de documents inédits, l’auteur révèle les activités secrètes de Coca-Cola durant la Seconde guerre mondiale.
Ainsi, le livre détaille les efforts de la Compagnie américaine pour contourner le blocus britannique exercé sur l’Allemagne nazie.
Il révèle comment, depuis les États-Unis, durant toute la durée du conflit, Coca-Cola a continué a assurer la survie de sa marque dans l’Europe occupée.
Une stratégie passant par la création, dans les laboratoires d’Atlanta, d’un Coke bis, le Fanta vendu ensuite en Allemagne, France, Belgique, Italie et aux Pays-Bas.
Le livre dévoile comment, en 1944, et afin de continuer a assurer la production de plus de 40 millions de bouteilles en Allemagne, Coca-cola Gmbh a eu recours à des travailleurs forcés.
Enfin, William Reymond documente l’existence française de Coca-Cola sous le régime de Vichy et prouve que, jusqu’à la Libération, la boisson était vendue à un prix réduit aux troupes d’occupation.”

Il faut sauver Denis Robert

Filed under: L'autre journal — William @ 7:16 pm

C’est certain, c’est moins spectaculaire qu’un consulat que l’on sacage, que l’on drapeau que l’on brûle. Mais cela reste bien plus important. Cela touche à la liberté d’informer et donc à notre liberté de savoir. La justice du Luxembourg a décidé d’avoir la peau de Denis Robert.
Cela se passe ici et maintenant. Et nous avons besoin de vous :

Il s’est passé le 27 janvier 2006 un événement important rapporté ici ou là par une brève d’agence : l’inculpation de Denis Robert par la justice luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation.

Pour comprendre l’enjeu de cet acte, il faut faire un peu d’histoire.

En 1996, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève en faveur d’un espace judicaire européen. Dans la foulée, de nombreux témoins de la criminalité en col blanc entrent en contact avec le journaliste. L’un d’eux, Ernest Backes, est un ancien dirigeant de la chambre de compensation Clearstream, un des points névralgiques des échanges financiers mondiaux. Ernest Backes a été l’un des architectes de ce système informatique tentaculaire. Viré, humilié, il a décidé de livrer ses secrets. Pendant deux ans, au prix d’incessants allers et retours au Luxembourg, Denis Robert mène l’enquête. On lui donne des rendez-vous secrets ; les bouches s’ouvrent. Un ancien responsable informatique de la firme, Régis Hempel, explique qu’une partie de ses activités auraient consisté à effacer les traces de transactions sensibles. Denis Robert frappe à la porte des banquiers, posant des questions naïves et d’autres un peu moins. Trois mois avant la publication de son livre, il envoie une série de lettres recommandées de plusieurs pages, demandant des explications à la direction de Clearstream et aux banques mises en cause. Très peu lui répondent.

En février 2001, Denis Robert sort son livre, Révélation$ et diffuse son film Les dissimulateurs dans le cadre de 90 MINUTES, l’émission d’enquête de CANAL+. C’est la tempête. Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres hésitent car Clearstream menace de procès en cascade. A contre-courant, la mission parlementaire Peillon/Montebourg se saisit de l’affaire et convoque les témoins. De peur que l’affaire se propage à l’étranger, une information judicaire est ouverte en catastrophe au Luxembourg. Toute la direction de la firme est mise à pied et Clearstream est racheté par un groupe allemand. Un mois plus tard, le procureur du Luxembourg claironne que tout est réglé et qu’il n’y a rien à chercher. De cette tragi-comédie, Denis Robert tire un second récit, plus personnel, La boîte noire. Et un second film, toujours diffusé par CANAL+, L’affaire Clearstream.

Fin du premier acte et début du marathon judiciaire. Les plaintes pleuvent en France, en Belgique, en Suisse, et même au Canada. Déposées par Clearstream mais aussi par la banque russe Menatep et la Banque Générale du Luxembourg. L’auteur reçoit les huissiers à la file. L’éditeur fait ses comptes : les demandes de dommages et intérêts dépassent son chiffre d’affaires annuel. Le service juridique de CANAL+ se lance dans de coûteux procès. Parfois David gagne contre Goliath. Au fil des mois, les relaxes se succèdent en première instance et en appel. Cinq ans plus tard, il ne reste plus deux procédures pendantes, toutes les deux en appel : l’une après un jugement favorable à Clearstream (un euro symbolique), l’autre défavorable à la firme (relaxe de Denis Robert). L’affaire semble close, malgré une troublante excroissance, durant l’été 2004, lorsqu’un corbeau affole les milieux de la défense et de la politique avec des listings truqués de Clearstream où apparaissent des élus et des responsables industriels et médiatique.

L’histoire de Denis Robert devient effrayante lorsque, cinq ans après la parution de Révélation$, le journaliste est subitement convoqué par la Justice luxembourgeoise pour être inculpé pour des faits (en l’occurrence des accusations contre la Banque Générale du Luxembourg) pour lesquels il a déjà été poursuivi en France et pour lesquels il a gagné ses procès en première instance et en appel. Ces procédures n’ayant pas eu l’effet escompté, les juges du Grand-Duché ont accepté de se prêter à une manœuvre peu honorable. Denis Robert risque une peine de prison, agrémentée de frais d’avocat et une amende aux proportions luxembourgeoises. Par une ironie du destin c’est justement l’espace judicaire européen qu’il a contribué à établir avec l’Appel de Genève qui permet aujourd’hui à la justice luxembourgeoise d’essayer d’écraser un auteur ayant publié un livre en France.

Dans cette affaire, le Luxembourg - dont le ministre de la Justice est aussi… ministre du Trésor et du Budget - vient de commettre le pas de trop, en affichant sa partialité. Les citoyens européens peuvent soutenir Denis Robert en signant une pétition (disponible sur le site des Arènes ou de Liberté d’Informer). Pétition qui sera adressée à la Justice de ce pays qui fait tant pour dégoûter les démocrates de croire en l’Europe. En transformant l’affaire Robert en affaire Frieden (le fameux ministre luxembourgeois de la Justice, du Trésor et du Budget), chaque signature sera un acte civique qui protège la liberté de la presse en Europe.

En poursuivant Denis Robert les autorités luxembourgeoises ne veulent pas seulement protéger Clearstream qui affiche une santé insolente. Ils cherchent à intimider tous ceux qui, à l’avenir, voudront savoir comment fonctionne le système financier et la toile d’araignée des paradis fiscaux. En cela, le Luxembourg a vraiment prononcé l’inculpation de trop.

Laurent Beccaria, directeur des Arènes
Franck Eskenazi, directeur de The Factory
Paul Moreira, responsable de 90 MINUTES sur CANAL+

Nous citoyens européens soutenons Denis Robert et condamnons l’acharnement des autorités judicaires luxembourgeoises, à son encontre. La liberté de penser et d’écrire est une valeur européenne fondamentale qui prime sur les intérêts bancaires du Grand-Duché. (”Soutien à Denis Robert” dans l’objet + Nom, Prénom, Qualité, Nationalité)

Pour signer la pétition pour soutenir Denis Robert : http://www.liberte-dinformer.info

Les joies du Blog

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 6:52 pm

Voilà cela devait arriver. Dimanche après-midi, il fait beau et au lieux de profiter d’une heure en famille, je décide de me mettre au blog.
Et de tenter de rattraper le retard. Je commence donc à vous raconter mes deux semaines de promo. Vite, avant que les détails disparaissent et les sentiments s’amenuisent.
Je passe un bon moment, reprends au premier jour après mon passage sur Rmc. Le message est terminé. Je presse le bouton ” Publish” et là, la cagade, la catastrophe, le catclysme. WordPress me fait un caprice et refuse de me reconnaitre. Non seulement, il ne publie pas mon post mais de plus le perd dans les dédales de l’internet.
Et oui, tout cela pour rien. Bien sûr, j’entends vos sarcasmes virtuels. Non ce n’est pas une excuse bidon, non ce n’est pas un moyen un peu pleutre de couper à mes responsabilités. Si c’était le cas, j’aurais trouvé quelque chose de mieux. De plus crédible. De moins con.
Alors, on fait quoi ? Je vais recommencer bien sûr. Une fois que la colère et la frustration seront retombées…
Tenez, dans ce message que vous ne lirez jamais, je vous parlais de Flammarion. Ma maison d’édition depuis maintenant 10 ans. Flammarion pendant tout ce tmps, c’était la rue Racine et son escalier en bois. La rue Racine sentait le livre et les souvenirs. Désormais Flammarion est une hydre à deux têtes. Le gros du groupe est prêt de la Bibliothèque François Mitterrand. ( là, où j’ai perdu mon porte-feuille ramené quelques heures plus tard par un gentil lecteur qui l’avait retrouvé sur le trottoir. Pas un euro ne manquait à l’appel).
L’autre face est désormais sur la place de l’Odéon ( un conseil, passez cinq minutes à admirer la façade restaurée du Théatre. Une vraie merveille). Cela ne sent pas encore le livre mais la peinture. L’escalier grince autant mais pas encore sous le poids de l’Histoire.
Pourquoi je vous raconte tout celà ? Parce que je me suis engagé à le faire. Et puisque il faut bien remplacer ce message perdu.
Bon, je vous préviens si celui-ci, ne fonctionne pas, j’arrête tout.
Un, deux, trois ……..

February 9, 2006

Merci !

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 4:46 pm

Les premiers chiffres viennent de tomber et ils sont… énormes.
Après une semaine de vente, Coca-Cola, l’enquête interdite rentre directement dans les classements des meilleurs ventes.
Le livre est 4° des ventes hebdomadaires d’Amazon.fr, 9° du Palmarès de l’Express et surtout, surtout, il est 6° du classement des meilleures ventes de Livres-Hebdo, le classement considéré le plus exact.
Merci à toutes, merci à tous et rendez-vous demain ici-même pour quelques lignes afin d’expliquer pourquoi ce succès est IMPORTANT.

Retour

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 3:54 pm

Retour à Dallas. Deux semaines folles à Paris et un constat d’échec : je n’ai pas réussi à alimenté le blog. Trop de télé, radio, presse, trop de gens à voir, trop de temps dans les transports, trop de temps dans les restaurants, trop de Paris quoi. Mais bon, une fois que les dernières traces du voyage, du séjour et du décalage horaire seront absorbés par mon organisme, c’est juré, c’est craché, je vous raconte. Et en plus, vous savez quoi ?, il y a de quoi.
A très bientôt donc…

January 26, 2006

Demain

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 7:51 am

Jour J-1. Même si certaines libraires proposent déjà le livre à la vente, c’est demain que Coca-Cola, l’enquête interdite débarque en librairie. Et il sera difficile de le rater. Flammarion a bien fait son travail, les librairies sont impatientes, la Fnac vient de l’élire Coup de coeur. Résultat ? Hier, le livre a connu son second tirage… Chronique d’un succès annoncé ? Je n’en sais rien. De nombreux ouvrages arrivent massivement sur les étalages afin de retourner piteusement chez leurs éditeurs où seul le pillon est la solution.
Finalement, je n’ai pas fait Field sur LCI. Déprogrammé pour cause d’actualité. L’affaire Outreau me remplace et j’en suis le premier ravi. Depuis l’affaire Dominici, je sais combien notre système judiciaire est malade. Je me souviens que Gilbert Collard me disait un jour que la justice était comme un mur. Et qu’à force de taper, il finirait par céder. Outreau est une brèche et il faut s’y engouffrer.
Pas de Field mais, à la place, tournage d’un sujet pour LCI. Interview classique dans le bureau de mon éditeur. Et puis, forcément, les plans de coupe au Luxembourg. C’est le matin, il fait froid et je suis là, assis sur un banc, à feuilleter mon livre. L’illustration est une science difficile et j’accepte le jeu.

January 24, 2006

Ce n’est qu’un début, continuons …

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 3:18 pm

Et voilà. Cela maintenant deux jours que je suis à Paris. Premier constat : il fait froid. Et il parait que cela va être pire. Et si ce n’est pas le cas, dans un mois, j’ai une étape à Montréal, là où le mot hiver a été inventé.
La promotion a commencé et tout va bien. Vraimement. Hier, RMC Info. Les Grandes Gueules. Alain Marschall et Olivier Truchot. 40 minutes en direct, avec la possibilité donnée aux auditeurs de réagir par mail ou par téléphone. Les deux compères avaient lu le livre et de fait l’entretien se passe bien. L’atmosphère est détendue et les quelques questions méchantes ne volent pas bien haut. Et puis j’ai bien aimé le petit questionnaire de la fin… Om ou PSG ? Emmanuelle Béart ou Soeur Emmanuelle ? Ma préférée ? Rolling Stones ou Johnny ? Bien sur, j’ai répondu Springsteen. De toute façon, il n’y avait pas d’autre alternative.
Mon regret ? Ne pas avoir été assez vif sur Royal-Hollande ou Cecila et Nicolas ? La bonne réponse était Ségolène-Cecila ou Nicolas-François…
Plus tard, 40 minutes avec Olivier Daudé sur France Bleu… Là encore, le livre a été aimé. Voire dévoré. Tout cela est très bon signe pour la suite…

January 20, 2006

Marianne

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 1:58 pm

Ah… Le doux crépitement du fax, le soir aux fonds des bois. Cela faisait longtemps. Peut-être même que cela datait du siècle dernier. Vous avez remarqué vous aussi comme le fax est désormais un objet désuet ? Un oripeau d’un autre temps ? Internet est passé par là, à coups de pdf et d’emails.
Mais bon pour l’occasion, mon fax est la fête. Soizic est en train de faire traverser l’Atlantique aux huit pages de Marianne. L’hebdomadaire de l’autre JFK sera en vente dès demain et j’ai droit à une petite avance.
Certes, il s’agit de noir et blanc. Certes, les pages sont presques illisibles. Mais, je me retrouve, comme un enfant le matin de Noël, a scruter ce que ma machine recrache.
Bon… Quelques minutes de décryptage viennent de s’écouler. Marianne a aimé. Et plus particulièrement Laurent Neuman qui a consacré un article de deux pages afin de présenter six pages d’extraits.
Je veux pas vous en dire plus, histoire de ne pas gâcher l’effet de surprise. Sachez seulement que le papier commence par ” Un livre-brûlot de William Reymond” et se termine par ” A lire, comme un roman, un verre de Coca-Cola à la main”. Entre ? Que du bonheur.

January 19, 2006

Premiers entretiens

Filed under: Coca-Cola, l'enquête interdite — William @ 8:21 pm

Avant même mon arrivée à Paris, prévue pour le début de la semaine prochaine, Soizic, mon attachée de presse, vient de lancer la machine.
Depuis deux jours maintenant, je réponds par téléphone et par mail, aux questions de journalistes. La confrontation est toujours intéréssante. Lorsque j’écris le livre, j’imagine que tel ou tel point sera ensuite relevé par les médias. Souvent je me trompe et il est amusant de constater quelles informations font réagir.
Si le premier entretien était assez classique, j’ai été surpris de celui mené par Hubert Artus. Artus travaille pour L’Optimum. Je l’ai rencontré une seule fois, c’était lors de la sortie de Bush Land. Je me souviens de lui comme quelqu’un de passionné et surtout qu’il avait lu le livre.
Car voilà le premier petit secret de ce blog : souvent les journalistes ne lisent pas le livre dont ils parlent. Ils le survolent mais rarement ils s’y plongent. Ce qui parfois donne des entretiens assez particuliers et toujours désagréables.
Mais revenons à Hubert Artus qui, lui, donc fait parti des journalistes consciencieux.
Artus donc a lu le Coca-Cola et semble-t-il l’a bien apprécié.
Ses questions sont pensées, souvent à-propos. Il y a en a une petite quinzaine mais ce sont les trois dernières qui attirent mon attention. Il y est question de la manière dont j’opte pour mes sujets de livre et surtout de ma manière d’écrire. Et là, sans vraiment me connaître, si ce n’est à travers mes lignes, Artus utilise le mot de “storyteller” afin de me qualifier.
Un raconteur d’histoires. Il est tombé dans le mille car c’est exactement comme cela que je vois mon métier. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, au delà de l’enquête pure et dure, j’ai d’autres envies. Où il est question de films, de romans voire de bd.
Le point commun ? L’art de raconter des histoires.
Ma première journée d’entretiens se termine donc sur une note réjouissante. Au delà du sujet, pour la première fois, peut-être, on me parle des mes qualités d’auteur.
Mais bon, ce n’est qu’un début, attendons la suite…

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