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Le W-Log

January 24, 2007

L’épreuve des épreuves

Filed under: L'Auberge Espagnole — William @ 3:00 pm

Autant vous prévenir d’entrée, si la lecture de quelques lignes de jérémiades sûrement injustifiées est un exercice douloureux, alors autant éviter cette nouvelle entrée de mon blog. Car, voilà, je vais me plaindre.

Pas de vous et encore moins de ces deux heures passées à répondre à 49 mails afin de tenter d’épurer mon retard ( vu le flux permanent des arrivées, c’est une tentative perdue d’avance mais bon, autant s’en donner l’illusion).
En fait, cela même été plutôt agréable. Frustrant aussi. Car finalement, par manque de temps, mes réponses manquent parfois de l’attention que vos courriers méritent. Mais, comme un de vous me l’a écrit, c’est mieux que rien.

Mais aujourd’hui, je n’ai pas envie de vous parler de myspace, du retard dans les réponses aux commentaires, à la non mise à jour de mon profil et de son design. Aujourd’hui, et là aussi afin de répondre à certaines demandes, j’ai décidé de vous faire partager mon quotidien d’auteur. Du moins, la partie où il se passe des choses. Pas celle où, durant des heures, je fixe stupidement l’écran de mon Mac à tenter de capter la musique des mes mots.

Dans un mois donc, Toxic sera en librairie. Cela fait dix ans que Flammarion publie mon travail et cela devrait continuer ainsi un bon moment encore. Mais bon je m’égare. Je garde la séquence nostalgie pour mes vieux jours. Il est encore trop tôt pour parler comme un ancien combattant.
Revenons donc à nos moutons…

L’écriture n’est qu’une étape. Elle suit le travail d’enquête et de recherches. Mais surtout elle précède le reste. Le reste ? Oui, ce que je suis en train de terminer maintenant. D’abord, il y a les échanges avec mon éditeur, l’intégration ou pas de ses suggestions. Avec Thierry Billard nous travaillons ensemble depuis Dominici non coupable. La collaboration est facile, rodée. Ses idées sont très généralement bonnes. Et pour tout dire, ce regard extérieur est essentiel. Lorsque l’on passe plusieurs mois le nez dans le guidon, il est difficile d’avoir le moindre recul sur son travail. Certes, j’ai bien une idée, un sentiment. Mais, il est bon de savoir que parfois ce qui me parait évident ne l’est pas pour un autre.

Ensuite, le manuscrit passe entre les mains de l’avocat. J’ai pas à me plaindre non plus de ce côté là. Flammarion m’a toujours suivi me donnant même un espace de liberté que je considère comme unique. Aucun de mes livres n’a été “censuré”. Et d’ailleurs, malgré une législation de plus en plus complexe, je ne pense pas que cela ait été le cas pour d’autres ouvrages.

Il y a également le travail sur le cahier iconographique. Depuis Coca-Cola, l’enquête interdite, le cahier est en couleur. J’adore cet ajout visuel. Et, si comme l’on dit, une photographie vaut mille mots, alors le cahier de Toxic va parler haut et fort.

Il faut également terminer la couverture. Le sous-titre. Le texte du bandeau rouge. Même s’il reste la prérogative de l’éditeur, c’est moi qui vais devoir l’assumer. Puis, vient l’exercice délicat de la conception du texte de quatrième de couverture. Ces quelques lignes censées déclencher la pulsion d’achat chez le lecteur, qui attiré par le livre, va rapidement jeter un ..il dessus. 1000 signes donc pour tenter de séduire. Il n’y a pas de recette magique. On tente un truc, puis deux, trois. On garde ceci, enlève cela et vogue le navire…

Arrive enfin l’épreuve des épreuves. Après un dernier passage sous les yeux avisés d’une correctrice, le livre est mis à la composition. C’est l’ultime étape avant son impression. Sa forme est donc celle que vous découvrirez en librairie. Avant de signer le bon à tirer, il faut donc relire une dernière fois. Et autant le dire, j’ai beaucoup de mal avec cela. D’abord parce que je connais la fin. Si vous saviez le nombre de manuscrits inachevés qui peuplent mes placards pour cette même et stupide raison. Une fois que je connais la fin de mon histoire, écrire n’est même plus amusant.
C’est pour cela que j’ai écrit Rouge Lavande, mon premier polar, en quelques jours. Afin que mes doigts aillent plus vite que mon imagination.

Il faut donc relire et traquer la faute. D’autant plus difficile que j’ai le sentiment de connaître déjà par c..ur ses lignes. Mais bon, la brigade en ramasse quand même. Une modification par ci, un changement par là. Voilà, j’ai terminé hier. Le livre devrait partir en fabrication à la fin de la semaine.

La prochaine étape commence. Celle de la promotion. Mais je garde cela pour une prochaine fois.
A bientôt

William

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